Avis de décès du P. Maurice VIDAL, PSS

Avis de décès

M. Maurice VIDAL, PSS (diocèse du Puy)  est décédé ce lundi 21 juin 2021 à l'âge de 89 ans.

Né le 18 mai 1932 au Puy-en-Velay (43), voici les étapes importantes de ce que fut son parcours au service de l'Église et de la formation des prêtres :

- 1949-1953 : Grand séminaire du Puy.

Ordonné prêtre le 21 novembre 1954 pour le diocèse du Puy, il a été pris en charge par la Compagnie la même année.

- 1954-1956 : Études théologiques à l’Angelicum (Rome) 

Doctorat en théologie : « Le cardinal de Bérulle, théologien marial » ;

- 1956-1958 : Études en Ecriture Sainte à l’Institut Biblique Pontifical de Rome

Licence canonique en Ecriture Sainte ;

- 1958-2004 : Membre du Conseil du Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux, enseignant le Dogme et l’Ecclésiologie ;
- 2003-2007 : Professeur externe au séminaire ;
- 1969-2013 : Enseignant à la faculté de théologie de l’Institut Catholique de Paris (Cycle C)
                      1969 : Co-fondateur avec les PP. Coudreau, Trinquet et Tamisier du Cycle C, notamment adapté à la formation théologique des laïcs ;
                      1990-1996 : Directeur du cycle C ;
- 1984-2017 : Intervenant à l’Ecole Cathédrale de Paris et au Collège des Bernardins (notamment sur les rapports avec le Judaïsme) ;
- 1988-2017 : Vicaire épiscopal en charge de l’Imprimatur du diocèse de Paris ;
- 1989-2002 : Membre du Conseil Général de Saint-Sulpice ;
- 1958-2018 : Résident au Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux
- 2018-2021 : Résident à la Maison Antoine Portail à Paris

Théologien de diverses instances ecclésiales, notamment auprès de la Mission Ouvrière entre les années 1970-1980 ;
Ecclésiologue souvent sollicité pour des conférences, colloques, sessions…, auteur d’articles et d’ouvrages spécialisés (Cf. par exemple « Naissance et croissance de l’Église en Monde Ouvrier » (1969) ; « L’Église, peuple de Dieu dans l’histoire des hommes » (Le Centurion, croire et comprendre, 1975) ; « Des ministres pour l’Église » (collect. 2001) ; « Cette Église que je cherche à comprendre » (Ed. de l’Atelier, 2009)… ;

Important ministère d’accompagnement spirituel et d’accompagnement intellectuel (Masters et Thèses).

La célébration des Obsèques aura lieu le Lundi 28 juin 2021 à 10h30 en l’Eglise Saint-Sulpice - Paris

 

Nous prions pour que Dieu l'accueille auprès de lui.

 

Maurice VIDAL 1P. Maurice VIDAL, PSS


 

Obsèques du P. Maurice Vidal – Saint-Sulpice (Paris), le 28 juin 2021

Homélie

Ap 21, 1-5a.6b-7
Ps 22
Mt 25, 31-46

L’Evangile qui vient d’être lu est un des évangiles proclamés pour la solennité du Christ-Roi. Le dimanche 21 novembre 2004, pour ses 50 ans d’ordination presbytérale, le P. Vidal commentait ainsi cet évangile :

« Le Christ Roi ! Un peuple de rois ! Un roi, ou un chef d’état digne de ce nom, ne peut pas être un pense-petit. Il convient qu’il voie grand et loin (…) En « faisant » les Douze (…), le Christ Roi voit grand : en ces douze hommes quelconques, il voit et inaugure le rassemblement des douze tribus d’Israël (…) Il invite Marie, sa mère, à voir grand en l’invitant à être la mère du « Premier né d’une multitude de frères » (…) Quand les soixante-douze disciples reviennent de leur mini-mission en Galilée, tout heureux et fiers d’avoir soumis quelques démons, Jésus voit bien plus grand et plus loin : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ».

Nous sommes appelés, nous aussi, à voir grand et loin. Nous n’avons pas besoin de faire les exercices jésuites du « règne » et des « deux étendards » pour voir que nos petites actions et notre modeste ministère sont des moment du « duel formidable » entre la vie et la mort que célèbre le « Victimae paschali » de Pâques (…) Voir grand est la vision de l’espérance biblique du Royaume de Dieu, de la Cité de Dieu, « heureuse vision de paix ». L’espérance, enseignaient les anciens maîtres, mobilise notre irascible, aussi bien pour nous battre courageusement contre la bêtise, l’injustice, le mensonge qui prend souvent, même dans l’Eglise, la forme du bluff, la haine et les peurs qui la nourrissent, que pour supporter avec patience les temps perdus, les désillusions, les échecs et la longue attente de ce que nous ne voyons pas encore. »

Le P. Maurice Vidal a été ordonné prêtre il y a plus de 66 ans pour le diocèse du Puy, puis, vocation dans la vocation, il est devenu sulpicien pour, je le cite encore, « former, tant bien que mal, des prêtres qui soient des ministres du Christ Roi pour guider un peuple non d’esclaves ni d’enfants, mais un peuple de rois, un « sacerdoce royal » (…), pour aider d’autres personnes à devenir des adultes dans la foi et des chrétiens libres, non de l’Eglise, mais dans l’Eglise. » Le P. Vidal aimait l’Eglise, toute l’Eglise. il l’a aimée et servie avec son charisme propre. Je suis très impressionné par le nombre, mais aussi par le contenu des témoignages reçus depuis lundi dernier, jour de sa pâque : tous disent leur reconnaissance au maître qu’il fut pour eux, au père spirituel, au prêtre.

Aujourd’hui, la vie du P. Vidal parvient à un terme. Chacun de nous peut mobiliser des souvenirs personnels qui nous relient à ce que fut sa vie. C’est l’occasion de remercier Dieu pour ce qui a été grand et beau dans celle-ci, pour ce qu’il a accompagné, soutenu, consolé, permis dans nos existences. C’est l’occasion aussi de le confier à la miséricorde de Dieu pour la part d’ombre de sa vie, comme de toute vie… Pourtant, si nous restions le cœur et le regard fixés sur lui, nous passerions à côté de ce pour quoi il est devenu prêtre et formateur de prêtres. Les disciples de Jésus, et à plus forte raison les prêtres, ne cherchent pas à retenir l’attention des autres fixée sur eux. Par le témoignage rendu dans leur vie et leurs vocations différentes, ils veulent orienter les yeux de tous vers le ciel nouveau et la terre nouvelle annoncés par Jean dans le Livre de l’Apocalypse. Les chrétiens sont appelés à voir grand, et à faire voir grand, et le ministère des prêtres est en grande partie consacré à leur apprendre à « nommer la grâce de Dieu dans la vie quotidienne des gens ». Voir grand « permet d’apprécier, comme Jésus dans les évangiles, les petits débuts, les petites semences de la grande moisson. »

« (…) la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari.
Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait :
« Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus (…). »

Par la foi et l’intelligence, le P. Vidal voyait grand, loin, vite. Par le don de la pédagogie et du verbe, il a partagé sa foi, sa science, sa recherche, ses interrogations, son amour du Christ et de l’Eglise, jamais en repos : auprès des séminaristes à Issy-les-Moulineaux, auprès des laïcs du cycle C de la Faculté de théologie de l’Institut Catholique de Paris et des autres écoles et formations théologiques où il intervenait, auprès de quantité de personnes et de groupes accompagnés. Sulpicien, outre le formateur qu’il fut au séminaire pendant 45 ans (!), il servit la Compagnie, son charisme et son gouvernement, notamment comme consulteur général, mais aussi comme un expert dont on consultait la mémoire sure et l’esprit toujours acéré, parfois aussi un peu redouté…

Le P. Vidal voyait grand, loin, vite… Et son désir le plus profond aura été sans doute de partager cette vision, de lutter contre toute les formes d’obscurantisme, à sa manière, depuis le poste de vigie où l’Eglise l’avait placé. Y est-il parvenu ? S’est-il posé la question ? Sans doute ceux qui le connaissent bien peuvent, un peu, répondre à ces questions. Avec pudeur et une forme d’humour bien à lui, il a pu laisser deviner quelques éléments de réponse. Dans l’homélie de ses noces d’or, il évoque « les humiliations, les revers, les désolations, les découragements, parfois les doutes qu’entrainent la suite du Christ et son ministère. Rien n’est plus crucifiant », disait-il, « que l’échec de l’amour, même sincère et désintéressé, sur les opiniâtres résistances (…) de l’égoïsme multiforme du moi individuel et collectif. » (…) « Aucun chrétien ne devrait oublier qu’il a été baptisé dans la mort et la résurrection du Christ. Aucun prêtre ne devrait oublier qu’il a promis, le jour de son ordination, de se « conformer au mystère de la croix du Seigneur ». »

« J’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait :
« Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus (…).

Voici que je fais toutes choses nouvelles. Moi je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif, moi, je donnerai l’eau de la source de vie, gratuitement. Tel sera l’héritage du vainqueur : je serai son Dieu, et lui sera mon fils. »

Au revoir P. Vidal. Merci d’avoir eu soif. Merci d’avoir cherché à comprendre l’Eglise et de l’avoir servie avec une grande fidélité et une belle liberté, cette fidélité et cette liberté qui viennent de l’évangile et que l’Esprit Saint assure. Que Dieu vous accueille en sa joie,

Amen !