Décès du P. Robert VICARD, PSS

 

Avis de décès

M. Robert VICARD, PSS (diocèse de Lyon)  est décédé ce jeudi 12 novembre 2020 âgé de 93 ans.

Nous souhaitons ici évoquer le souvenir de sa mémoire en revenant sur les étapes majeures de son parcours.

Le Père Robert VICARD est né le 22 mai 1927 à Limonest (Rhône).

R Vicard 1

- 1938-1941 : Etudes secondaires à l’Ecole Cléricale de Fourvière (Lyon)
- 1941-1944 : Petit séminaire d’Oullins (Lyon)
- 1944-1950 : Grand Séminaire Saint-Joseph, puis Saint-Irénée (Lyon)

Ordonné prêtre le 23 décembre 1950 à Francheville (Séminaire Saint-Irénée) pour le diocèse de Lyon, le P. Vicard a été pris en charge par la Compagnie en 1953. Il était titulaire d’une Licence canonique en théologie (Faculté de théologie de Lyon).

- 1954-1955 : Séminaire d’Orléans (directeur et professeur de morale)
- 1955-1960 : Séminaire de Marseille (directeur et professeur de morale)
- 1960-1965 : Séminaires de Lyon ( Saint-Joseph, puis Saint-Irénée)
- 1965-1969 : Séminaire de Toulouse (directeur et professeur de morale)
- 1969-1980 : Séminaire Saint-Irénée de Lyon
                      1969-1977 : Adjoint du Supérieur
                      1977-1980 : Supérieur
- 1980-1981 : Séminaire de Clermont (Econome)
- 1981-1989 : Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux (directeur et professeur de morale)
- 1989-1993 : Curé de Villelaure (Avignon)
- 1993-2000 : Curé de La Tour d’Aigues, puis Bédarrides (Avignon)
- 2000-2004 : Prêtre auxiliaire à la paroisse de Cucuron (2000-2002)  et d'Apt (2002-2004)
- 2004-2018 : Aumônier au Monastère des Clarisses de Montfavet (Avignon)
- 2018-2020 : EHPAD « Villa Béthanie » à Avignon.

 Vivons dans l’espérance de la manifestation glorieuse de notre Dieu et Sauveur : le Christ Jésus. Et que Dieu lui-même comble notre frère Robert Vicard de la plénitude de sa paix pour les siècles des siècles.


Sépulture M. Robert Vicard,

Homélie du P. Jean-Marc Micas
Avignon (Saint-Ruf), le 18 novembre 2020

Is 25, 6a.7-9 (L2)
Ps26
Lc 24, 13-35 (E7)

 

Le soir de Pâques, deux hommes marchent sur une route de campagne. Ils sont tristes d’une tristesse inconsolable. Le soir de Pâques, deux pèlerins s’en retournent chez eux la mort dans l’âme. Tout élan de vie a quitté leur cœur et leur esprit. On les imagine volontiers les épaules basses et le cœur lourd. Ils sont tristes parce qu’ils viennent de vivre des événements bien tristes à Jérusalem : ils ont été témoins de l’arrestation de Jésus, de son procès, de sa mort, de sa mise au tombeau. Ils sont tristes parce qu’ils croyaient en lui, ils avaient mis en lui beaucoup d’espérance, et tout cela est désormais au fond d’un tombeau. Ils sont tristes d’une tristesse que rien ni personne ne peut guérir, pas même la nouvelle qui court depuis le matin que des femmes disent l’avoir vu vivant près de son tombeau trouvé bel et bien vide par Pierre et Jean…

Et voilà qu’un inconnu les rejoint sur la route. Ils se met à leur rythme et les écoute raconter les raisons de leur tristesse. Sans doute une certaine amitié se tisse, l’air de rien, assez profondément pourtant pour qu’arrivés à l’auberge ces deux hommes aient envie que l’inconnu reste avec eux et partage leur repas.

Nous connaissons la suite : Jésus prit le pain, « prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent (…) »

Aujourd’hui, chers frères et sœurs, notre cœur est triste parce que nous accompagnons un homme, un prêtre que nous aimions. La rapidité de son décès, dans le contexte de l’épidémie qui frappe le monde, nous a choqués… Notre cœur est triste parce que nous perdons un frère, un père, un oncle, un parent, un ami… Notre cœur est triste parce que nous ne sommes pas faits pour la mort… Notre cœur est triste, et pourtant, il est aussi en paix.

Le P. robert Vicard, « Monsieur Vicard », comme on dit chez les sulpiciens, a eu une longue vie. Dans un mois, le 23 décembre exactement, il aurait célébré le 70e anniversaire de son ordination sacerdotale dans la chapelle du Grand séminaire de Lyon. Sa vie de prêtre, il l’a passée à servir les autres, comme tous les prêtres. Par vocation particulière à l’intérieur de sa vocation sacerdotale, il est devenu formateur de prêtres et a rejoint la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice. Pendant 35 ans, il a servi dans les séminaires d’Orléans, de Marseille, de Lyon (où il fut adjoint du supérieur puis supérieur) , de Toulouse, de Clermont et d’Issy-les-Moulineaux. Après toutes ces années d’un ministère exaltant et austère à la fois, il a connu pendant 15 ans les joies du ministère paroissial dans ce beau diocèse d’Avignon : Villelaure, La Tour d’Aigues, Bédarrides, Cucuron et Apt. Enfin, à 77 ans, il est devenu, pour 14 années de plus, aumônier au Monastère Sainte-Claire de Laverdière, à Montfavet. Quelle vie ! Quelle belle vie de compagnonnage avec Jésus ! Quelle vie de compagnonnage avec vous, avec nous, avec toutes celles et ceux qui savaient trouver auprès de lui et en lui un frère, un père, un oncle, un parent, un ami, un homme de foi, de prière, d’écoute, de conseil, un homme de cœur et d’intelligence, un prêtre aux homélies soignées et profondes, un ami de Jésus, un missionnaire de son évangile, et un bon serviteur de l’Eglise. Il a aimé tout cela, malgré les épreuves de santé à tel ou tel moment de ce long parcours. Aujourd’hui, en ce lieu et en ces circonstances, nous sommes heureux de pouvoir remercier Dieu pour le P. Vicard, pour avoir croisé sa route un jour, ou tous les jours… Nous prions pour lui. Nous prions pour que Dieu lui pardonne ce qu’il y a à pardonner, et lui accorde d’entrer un jour dans son paradis. Nous prions pour lui, et notre cœur est en paix.

Le soir de Pâques, dans une auberge d’Emmaüs, deux hommes sont bouleversés par ce qui vient de se passer sous leurs yeux. Le voyageur qu’ils ont invité à rester avec eux a partagé le pain, et aussitôt, leurs yeux, leur cœur, leur intelligence se sont ouverts. A la fraction du pain ils ont reconnu Jésus. A la fraction du pain, ils ont su que Jésus n’est pas resté prisonnier de la mort et du tombeau. Remplis alors d’une joie formidable, ils courent partager la nouvelle qui continue de bouleverser le monde et que nous célébrons dans chaque eucharistie.

Prêtre, le P. Vicard célébrait la messe tous les jours. Elle était au cœur de sa vie et de son ministère auprès des sœurs clarisses. Nous lui confions tous nos frères et sœurs qui sont tristes de ne pouvoir célébrer l’eucharistie pleinement : parce que l’épidémie et ses conséquences bouleversent la vie ordinaire de nos paroisses et de nos communautés, ou bien parce que leur situation personnelle les empêche de communier pleinement au Corps du Christ, ou bien encore parce que leur conscience troublée les conduit à faire ce choix… Que le P. Vicard veille paternellement sur chacun et sur chacune. Qu’il nous aide à accueillir la promesse du prophète, et d’y croire de toutes nos forces : « Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin (…) Il fera disparaître le voile de deuil (…) et le linceul (…) Il fera disparaître la mort pour toujours. »

Dans la foi, et dans l’espérance, nous confions le P. Vicard à la Vierge Marie, Mère de l’Eglise et Mère des prêtres, et nous lui demandons d’intercéder auprès de son Fils pour que le P. Vicard repose en paix désormais. Un jour nous le retrouverons.

Amen !

 

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