Décès du P. Joseph MAI DUC VINH, PSS

 

Avis de décès

Mgr Joseph MAI DUC VINH, PSS (Nha-Trang, Vietnam) 85 ans est décédé le 5 septembre 2020 à l'hôpital Saint-Joseph de Paris. Il avait été hospitalisé quelques heures auparavant suite à un malaise.

Mgr Joseph VINH était né le 15 décembre 1935 à Thanh Hoa (Vietnam). Voici quelques éléments de son parcours :

- Études secondaires au Petit Séminaire de Balâng, Thanh Hoa
- 1958-1962 : Séminaire de Saint-Sulpice à Saïgon
- 1962-1964 : Séminaire de Hué
- 1964-1965 : Séminaire de Vinh Long

Ordonné prêtre le 17 avril 1965 pour le diocèse de Thanh Hoa, Mgr Vinh a été pris en charge par la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice en 1966.

- 1965-1966 : Petit Séminaire de Nha-Trang (Professeur)
- 1966-1969 : Etudes à Rome
- 1969-1974 : Grand Séminaire de Hué (Morale, Droit canonique, activités apostoliques et sociales)
- 1974-1978 : Etudes à Rome
           1975 : Doctorat en Droit canonique
           1978 : Doctorat en Théologie pastorale
- 1978-2017 : Curé de la Paroisse vietnamienne de Paris
- 2017- 2020 : Maison Marie-Thérèse, Boulevard Raspail à Paris.

 

Ses funérailles seront célébrées le 10 septembre 2020 à 10h00 en l'Église Saint-Sulpice - Paris. Nous sommes invités à rendre grâce à Dieu pour la vie et le ministère du P. Vinh.
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Sépulture de Mgr Joseph Mai Duc Vinh, Paris,  le 10 septembre 2020

 

Mot d’accueil :

Nous sommes réunis aujourd’hui pour accompagner de notre affection, de notre foi, de notre prière Mgr Joseph Mai Duc Vinh, Prêtre de Saint-Sulpice, dans son ultime étape de sa vie sur terre.

Je tiens, au nom de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice et de mes confrères de la Province de France, à saluer notre Supérieur général, tous les confrères présents et ceux qui disent leur proximité, en particulier les confrères sulpiciens du Vietnam. Monseigneur Aupetit, notre archevêque, m’a écrit pour me dire sa proximité et sa prière, sa reconnaissance aussi pour le service rendu par Mgr Vinh au diocèse de Paris.

De tout cœur, j’accueille et salue très fraternellement la communauté de la Mission Catholique Vietnamienne de Paris, accompagnée de son curé et de son vicaire. Merci pour l’affection dont vous avez toujours entouré Mgr Vinh, toute sa vie, à l’heure de son déménagement vers la Maison Marie-Thérèse, et jusqu’à aujourd’hui.

De tout cœur, je veux remercier la Maison Marie-Thérèse, en particulier le supérieur de la communauté, le P. Georges Nicholson, pour sa présence, son ministère auprès des confrères résidents de la maison. Je vous prie cher Père de dire ma reconnaissance également à tous les personnels de la Maison où Mgr Vinh a été très bien accueilli il y a 3 ans.

Je remercie enfin le P. Henri de La Hougue, nouveau curé de la Paroisse Saint-Sulpice, pour son accueil ici aujourd’hui, ainsi que tous les personnels de la Paroisse. Régulièrement, l’église Saint-Sulpice devient la cathédrale Notre-Dame de Paris… Aujourd’hui, outre qu’elle accueille un prêtre sulpicien, elle devient aussi un peu l’église Saint-Joseph des Epinettes, offrant à tous un espace adapté, dans les conditions sanitaires que nous savons.

Nous allons prier pour notre frère, et dans l’espérance que donne la foi, le confier à la miséricorde de Dieu.

Je vous invite à vous asseoir pour écouter la présentation de son parcours. 

 

Mot de présentation :

Mgr Joseph Vinh était né le 15 décembre 1935 à Tanh Hoa, au Vietnam. Il avait donc 85 ans. De 1958 à 1962 il au Grand Séminaire de Saint-Sulpice à Saïgon, puis au Grand Séminaire de Hué pendant 2 ans, et enfin celui de Vinh Long pendant un an. Au terme de ce parcours, il a été ordonné prêtre le 17 avril 1965 pour le diocèse de Thanh Hoa, avant d’entrer dans la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice l’année suivante.

Pendant 1 an il est professeur au Petit Séminaire de Nha Trang, puis est envoyé à Rome où pendant 3 ans il fait des études pour enseigner au Grand Séminaire.

De 1969 à 1974 il est Formateur au Grand séminaire de Hué, professeur de morale et de droit canonique.

Il est ensuite renvoyé à poursuivre où il obtiendra 2 doctorats : 1 en droit canonique en 1975 et 1 en théologie pastorale en 1978.

La guerre éclate au Vietnam alors qu’il à Rome. Il devra rester en France au terme de sa formation. Et c’est ainsi qu’en 1978 le cardinal François Marty le nomme curé de la Paroisse Vietnamienne de Paris. Il avait 43 ans ! Il y restera jusqu’à ce que sa santé et surtout son âge l’obligent à déménager à la Maison Marie-Thérèse il y a 3 ans.

1 Co 15,1-5.11 – Ps 22 – Lc 24,13-35

Homélie :

Au soir de Pâques, deux disciples faisaient route vers un village, tout tristes parce qu'ils parlaient ensemble de leurs espoirs déçus... Et puis quelqu’un marche avec eux et la conversation s’engage. Leur cœur brûle déjà pendant qu’ils parlent en chemin, mais leur esprit ne le réalise pas encore... Ce n’est qu’à l’auberge que les yeux s’ouvriront, que la reconnaissance se fera, que la joie jaillira et qu’ils deviendront apôtres de la Bonne Nouvelle : il est vivant !

Ombres et lumières, cœur qui brûle et esprit lent à comprendre, espoirs déçus et espérance ressuscitée... Nos vies humaines sont ainsi comme une œuvre qui peu à peu se dessine, se peint, se tisse, se grave, se façonne... Ombres et lumières, cœur qui brûle et esprit lent à comprendre, espoirs déçus et espérance ressuscitée...

Les disciples du chemin d’Emmaüs quittent un monde qui n'est plus tout à fait, un monde qui les rend tristes parce qu’ils avaient rêvé et que leur rêve a été brisé. Désormais, les voilà dépouillés de ce qui venait trop d'eux sans doute : il était évident pour eux que le grand prophète que la foi d’Israël attend depuis des siècles devrait nécessairement être un libérateur selon la manière humaine de faire. Leur rêve a été mis en croix et ils sont brisés, à leur tour.

Les disciples du chemin d’Emmaüs quittent un monde qui n’est plus tout à fait le leur. Ils se préparent à ruminer leur amertume, à poursuivre leur chemin de vie la tête enfoncée dans leurs épaules baissées... Bien sûr ils continueront de vivre, mais ce sera sans la même saveur, sans le même élan, sans joie, sans vraie lumière... Ils repartent tout tristes, et on comprend que cette tristesse est de celles qui durent toute la vie, si rien ne se passe...

Les disciples du chemin d’Emmaüs quittent un monde qui n’est plus tout à fait le même : il a comme un goût de sable qu'une rafale de vent a poussé dans leur bouche et qui les dessèche de l'intérieur...

Même l'inconnu qui marche à leurs côtés ne les détournent pas de leur tristesse, pas encore, même si leur cœur est tout brûlant déjà tandis qu'il leur parle chemin faisant...

Bien souvent, nos existences peuvent ressembler à l’histoire de ces deux disciples. On est jeune, plein d’enthousiasme, de rêves, de désirs... et puis la vie vient décevoir cela et la tristesse peut s'installer, et menacer de tout recouvrir d’un voile d’ombres... Bien des destinées humaines manifestent que c’est ainsi que les choses se sont passées pour elles. Les réactions qui s’en suivent sont alors bien différentes : soit on s’enfonce dans une dépression à vie, soit on fuit en avant dans les loisirs et le bruit pour ne plus penser à nos rêves déçus... L’humanité tout entière peut ressembler aux disciples du chemin d’Emmaüs : beaucoup de nos contemporains ont eux aussi une idée bien précise de ce à quoi Dieu devrait ressembler, s’il existait, de ce qu’il devrait faire ou ne pas faire, s’il existait vraiment...

“Or, tandis qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha et ils marchaient avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.”

Voilà que dans la foi, nous affirmons que Dieu, en Jésus, se fait toujours compagnons des disciples d’Emmaüs. Nous croyons que Jésus chemine toujours aux côtés des hommes qui pleurent leurs rêves brisés, même si leurs yeux et leur esprit ne le saisissent pas encore. Pour que la reconnaissance se fasse, pour que les écailles tombent des yeux, pour que l’esprit comprenne d’un coup, il faudra un geste, une parole, et un peu de pain... Dès que Jésus aura prononcé la bénédiction, la lumière se fera, et la joie en sera aussitôt le signe visible. Depuis cette rencontre sur la route d’Emmaüs entre Jésus et les deux pèlerins de l'évangile, ce texte est comme une parabole de notre histoire avec Dieu. Et l’Eglise est ce sacrement qui permet à Dieu de cheminer aux côtés des hommes et de rendre leur cœur tout brûlant, l’Eglise est ce sacrement qui permet aux hommes de recevoir le pain qui ouvre les yeux et l’intelligence, ce pain qui donne la joie, qui remet en chemin, ce pain qui donne la vie. L’Eglise, toute l’Eglise, baptisés, consacrés, ministres ordonnés, l’Eglise est signe de la vie de Dieu qui ne décevra jamais. Et dans l’Eglise, le ministère des prêtres est essentiel pour partager le pain de vie.

Nous accompagnons aujourd’hui un homme parvenu au terme de sa vie visible. Cet homme, ce baptisé avait été ordonné prêtre il y a 55 ans, dans un autre pays, un autre continent. Ce prêtre avait voulu devenir formateur de prêtres, et, après quelques années de mission au Grand Séminaire, il avait été une nouvelle fois envoyé à Rome pour continuer de hautes études et être un professeur plus compétent encore. Et puis la guerre a brisé les projets, a mis à terre les rêves, et a bouleversé totalement la vie de cet homme, et de millions d’autres, la vie de ce prêtre sulpicien. Au lieu de servir ses petits frères séminaristes, il est devenu curé, et quel curé : 39 ans curé de la Mission Catholique Vietnamienne de Paris ! Il aurait pu être triste et déprimé : il a donné sa vie avec enthousiasme et joie, jusqu’au bout, pour consoler, soutenir, encourager ses frères et sœurs, pour leur transmettre la Bonne Nouvelle et leur donner la vie de Dieu ! La présence très nombreuse de nos frères et sœurs originaire du Vietnam dans cette église Saint-Sulpice aujourd’hui témoigne du rayonnement de la vie et du ministère de Mgr Vinh.

Nous rendons grâce à Dieu pour ce qu’il y a eu de grand, de beau, de généreux dans la vie de notre frère : il a été ce serviteur d’une œuvre qui nous dépasse tous, parce qu’elle est l’œuvre mystérieuse de Dieu qui sauve, de Dieu qui donne la vie, de Dieu qui rend la joie.

Alors chers frères et sœurs, reconnaissants pour le ministère du P. Vinh, nous le confions à la tendresse et à la miséricorde de Dieu, lui demandant de l’accueillir dans sa paix, au bout de son chemin d’Emmaüs. Que Dieu l’accueille à sa table où nous nous retrouverons un jour pour la joie éternelle.

Amen !

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