Décès du P. Jean BOUGAREL, PSS

Avis de décès

M. Jean BOUGAREL, PSS (diocèse de Nîmes) 86 ans est décédé le 2 septembre 2020.


Le Père Jean BOUGAREL est né le 14 janvier 1934 à Marguerittes (Gard). Voici quelques éléments de sa biographie :


- Grand Séminaire de Nîmes
- Séminaire Universitaire de Lyon


Ordonné prêtre le 17 septembre 1961 pour le diocèse de Nîmes, le P. Bougarel a été pris en charge par la Compagnie en 1962.


- 1962-1969 : Séminaire Saint-Joseph de Francheville (Philosophie)
- 1969-1971 : Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux (Philosophie)
- 1971-1972 : Paroisse d’Orcières (05)
- 1972-1992 : Au service de l’Assistance de France des Frères des Ecoles Chrétiennes à Paris
- 1992-2014 : Aumônier des Sœurs de la Providence à Ribeauvillé (68)
- 2014-2020 : EHPAD de Ribeauvillé (68)


La célébration des funérailles aura lieu le 8 septembre 2020 à 10h00 en l’Église de la Maison des Sœurs de la Providence  à Ribeauvillé (68).

Que Notre Seigneur l'accueille auprès de lui dans son amour et son infinie miséricorde !

 Amen

P. J Bougarel 1 1

 


Sépulture du P. Jean Bougarel, Ribeauvillé le 8 septembre 2020

Le P. Jean Bougarel était né le 14 janvier 1934 à Marguerittes dans le Gard. Il avait donc 86 ans. Entré au Grand séminaire de Nîmes où il a fait tout son parcours, il a été ordonné prêtre pour le diocèse de Nîmes le 17 septembre 1961.

Pris en charge en 1962 par la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, société fondée au 17e siècle et composée de prêtres diocésains préparés et envoyés pour la formation des prêtres dans les séminaires, le P. Bougarel poursuit des études au séminaire universitaire de Lyon, et devient professeur de philosophie.

De 1962 à 1969 il est envoyé au séminaire Saint-Joseph de Francheville, près de Lyon, puis de 1969 à 1971 il continue au séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux.

La crise de 68 passe par là et le P. Bougarel va passer une année marquante pour lui et d’autres au service de la paroisse d’Orcières dans les Hautes Alpes, en 1971-72.

Son ministère va alors prendre un tour tout autre, au service de la vie consacrée : de 1972 à 1992 il est prêtre au service de l'Assistant de France des Frères des Ecoles Chrétiennes. En 1992 enfin, il prendra racine dans ce pays d’Alsace qui deviendra le sien : aumônier des Sœurs de la Providence, dans cette maison, jusqu’en 2014 où un AVC le contraint à cesser ce ministère et à se mettre en retrait. Il a alors 80 ans.

Au nom de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, je veux dire merci au diocèse de Strasbourg et tout particulièrement à la Congrégation des Sœurs de la Providence de Ribeauvillé pour leur accueil, tout particulièrement en ce jour, dans leur église. Il l’avait souhaité ainsi et je vous remercie de tout cœur de l’avoir accepté.

Mgr Joseph Doré, sulpicien, ancien archevêque de Strasbourg, et Mgr Robert Wattebled, évêque de Nîmes, m’ont chargé de vous transmettre l’assurance de leur proximité et de leur prière en ce jour.

 


Homélie : (1 Co 15, 1-5.11 - Ps 22 - Lc 24, 13-35)

Au soir de Pâques, deux disciples faisaient route vers un village, tout tristes parce qu'ils parlaient ensemble de leurs espoirs déçus... Et puis quelqu’un marche avec eux et la conversation s’engage. Leur cœur brule déjà pendant qu’ils parlent en chemin, mais leur esprit ne le réalise pas encore... Ce n’est qu’à l’auberge que les yeux s’ouvriront, que la reconnaissance se fera, que la joie jaillira et qu’ils deviendront apôtres de la Bonne Nouvelle : il est vivant !

Ombres et lumières, cœur qui brûle et esprit lent à comprendre, espoirs déçus et espérance ressuscitée...Nos vies humaines sont ainsi comme une œuvre qui peu à peu se dessine, se peint, se tisse, se grave ou se façonne... Ombres et lumières, cœur qui brûle et esprit lent à comprendre, espoirs déçus et espérance ressuscitée...

Les disciples du chemin d’Emmaüs quittent un monde qui n'est plus tout à fait, un monde qui les rend malheureux parce qu’ils avaient rêvé et que leur rêve a été brisé. Désormais, les voilà dépouillés de ce qui venait trop d'eux sans doute : il est évident pour eux que le grand prophète que la foi d’Israël attend depuis des siècles devra nécessairement être un libérateur selon la manière humaine de faire. Leur rêve a été mis en croix et ils sont brisés, à leur tour.

Les disciples du chemin d’Emmaüs quittent un monde qui n’est plus tout à fait le leur. Ils se préparent à ruminer leur amertume, à poursuivre leur chemin de vie la tête enfoncée dans leurs épaules baissées... Bien sûr ils continueront de vivre, mais ce sera sans la même saveur, sans le même élan, sans joie, sans vraie lumière... Ils repartent tout tristes, et on comprend que cette tristesse est de celles qui durent toute la vie, si rien ne se passe...

Les disciples du chemin d’Emmaüs quittent un monde qui n’est plus tout à fait le même : il a comme un goût de sable qu'une rafale de vent à pousser dans leur bouche et qui les dessèche de l'intérieur...

Même l'inconnu qui marche à leurs côtés ne les détournent pas de leur tristesse, pas tout de suite, même si leur cœur est tout brûlant déjà tandis qu'il leur parle chemin faisant...

Bien souvent, nos vies peuvent ressembler à l’histoire de ces deux disciples. On est jeune, plein d’enthousiasme, de rêves, de désirs... et puis la vie vient décevoir tout cela et la tristesse s'installe souvent, et menace de tout recouvrir d’un voile d’ombres... Bien des gens, jeunes ou non, manifestent que c’est bien ainsi que les choses se passent ou se sont passées un jour. Les réactions qui s’en suivent sont alors bien différentes : soit on s’enfonce dans une dépression à vie, soit on fuit en avant dans les loisirs et le bruit pour ne plus penser à nos rêves déçus... L’humanité tout entière ressemble aux disciples du chemin d’Emmaüs : beaucoup de nos contemporains ont aussi une idée bien précise de ce à quoi Dieu devrait ressembler, s’il existe, ce qu’il devrait faire ou ne pas faire, s’il existait vraiment...

“Or, tandis qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha et ils marchaient avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.”

Voilà que dans la foi, nous affirmons que Dieu, en Jésus, se fait toujours compagnons des disciples d’Emmaüs. Nous croyons que Jésus chemine toujours aux côtés des hommes qui pleurent leurs rêves brisés, même si leurs yeux et leur esprit ne le saisissent pas encore. Pour que la reconnaissance se fasse, pour que les écailles tombent des yeux, pour que l’esprit comprenne d’un coup, il faudra un geste, une parole, et un peu de pain... Dès que Jésus aura prononcé la bénédiction, la lumière se fera, et la joie en sera aussitôt le signe visible. Depuis cette rencontre sur la route d’Emmaüs entre Jésus et les deux pèlerins de l'évangile, ce texte est comme une parabole de notre histoire avec Dieu. Et l’Eglise Est-ce sacrement qui permet à Dieu de cheminer aux côtés des hommes et de rendre leur cœur tout brûlant, l’Eglise est ce sacrement qui permet aux hommes de recevoir le pain qui ouvre les yeux et l’intelligence, ce pain qui donne la joie, qui remet en chemin, ce pain qui donne la vie. L’Eglise, toute l’Eglise, baptisés, consacrés, ministres ordonnés, l’Eglise est signe de la vie de Dieu qui ne décevra jamais. Et dans l’Eglise, le ministère des prêtres est essentiel pour partager le pain de vie.

Nous accompagnons aujourd’hui un homme parvenu au terme de sa vie visible. Cet homme, ce baptisé avait été ordonné prêtre il y a 59 ans. Tout à l’heure, l’énoncé de quelques grandes étapes de cette vie a révélé quelques aspects de son ministère : accompagnateur de séminaristes pendant 9 ans, puis accompagnateur de religieux et religieuses pendant 42 ans. Seul Dieu sait de quoi une vie humaine est faite, ses élans et ses lenteurs, ses richesses et ses pauvretés, ses ombres et ses lumières, ses espoirs déçus et l’espérance ressuscitée... Tout cela est dans la main de Dieu et nous lui rendons grâce pour ce qu’il y a eu de grand, de beau, de généreux dans la vie de notre frère : il a été ce serviteur d’une œuvre qui nous dépasse tous, parce qu’elle est l’œuvre mystérieuse de Dieu qui sauve, de Dieu qui donne la vie, de Dieu qui rend la joie.

Alors chers frères et sœurs, reconnaissants pour le ministère du P. Bougarel, nous le confions à la tendresse et à la miséricorde de Dieu, lui demandant de l’accueillir dans sa paix, au bout de son chemin d’Emmaüs. Que Dieu l’accueille à sa table où nous nous retrouverons un jour pour la joie éternelle.

Amen !

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