Conséquences de la crise sanitaire sur la Province

Un temps de Cénacle

Voilà 2 mois que la France est « confinée », qu’un cordon sanitaire a été établi au Bénin autour des villes du sud et de la côte Atlantique, qu’un couvre-feu a été instauré au Togo, que les accès à Kinshasa sont fermés, que de Hué à la RDC, en passant par Issy-les-Moulineaux, le Bénin, Lomé, Douala, Brazza et autres lieux les séminaires ont mis les séminaristes en « vacances » ailleurs, certains jusqu’à la rentrée de septembre.

Mais les conséquences de la crise sanitaire mondiale suscitée par le Covid-19 ne s’arrêtent pas là !

 

Assemblée générale

Tous les 6 ans, la Compagnie tient une Assemblée générale pour élire le Supérieur général, les 4 consulteurs généraux, et définir les orientations qu'ils devront mettre en oeuvre. C'est un événement solennel très important. La prochaine aurait du avoir lieu en juillet 2020 : elle est reportée d'une année. Le P. Witherup, Supérieur général sortant, devra donc effectuer une 13ème année à la tête de la Compagnie.

 

À la Maison provinciale

Au sein de la Maison provinciale, la communauté des pères sulpiciens s’est organisée pour « survivre » en l'absence de personnel pour assurer les repas, la lessive et le ménage. Belle occasion d’être attentifs les uns aux autres, un peu plus encore que d’habitude. Pour la 1ère fois, nous avons vécu tous les offices de la Semaine Sainte sur place, dans une belle ferveur, et en grande communion spirituelle avec tous les confrères de la Province et l’ensemble de l’Eglise. A partir du 11 mai, date du début du déconfinement, le personnel mis en chômage partiel a repris le chemin du travail (secrétariat, services sociaux, bibliothèque, archives, ménage).

chapelle de fortune 1Salle du Conseil aménagée en chapelle - Maison provinciale

Le risque encouru par la reprise de nos rendez-vous de direction spirituelle nous impose la plus grande prudence. Nous avons donc décidé de les reporter d’au moins quelques semaines afin d’avoir une meilleure visibilité sur l’évolution de la situation sanitaire.

Les travaux de rénovation de la Maison provinciale ont été quant à eux interrompus pendant les trois premières semaines du confinement alors que nous nous apprêtions à déménager vers les locaux rénovés. Nous avons donc dû rester dans l’aile du bâtiment préservé par les travaux puisqu’elle constitue notre base-vie avant la phase terminale de la rénovation. Durant le confinement, ceux-ci ont pu reprendre très lentement et sont en train de redémarrer avec la levée des restrictions. Les contraintes de sécurité sont néanmoins considérables, à tel point qu’elles ne permettent qu’à 15 ouvriers de travailler simultanément sur place contre 50 avant l’arrêt ! Nous espérons malgré tout disposer de la maison entièrement rénovée pour la rentrée de septembre 2020…

 

Au Séminaire Saint-Sulpice

Au Séminaire Saint-Sulpice, les séminaristes ont été renvoyés chez eux ou dans leurs paroisses d’insertion. Grâce aux moyens électroniques disponibles, les cours du séminaire ont continué d’être dispensés, les séminaristes ont gardé le contact régulier avec leur père spirituel, les reprises d’insertion paroissiale ont eu lieu comme prévues, le supérieur a organisé plusieurs « rencontres communautaires », diffusé des vidéos ou des messages audios à destination de la communauté, etc. Le conseil des formateurs, restés sur place, s’est réuni toutes les semaines et a pu continuer de travailler « normalement ». En outre, La Province a mis à la disposition des séminaristes un accès aux revues numériques dont disposent tous les membres de la Province depuis quelques mois.

La rencontre statutaire avec les évêques et le Supérieur des MEP a même pu avoir lieu, presque comme d’habitude, à la date prévue ! Je veux ici rendre hommage au travail considérable réalisé par nos confrères et leurs collaborateurs pendant cette période compliquée… La communauté des séminaristes a commencé à se reformer à Issy-les-Moulineaux dès le 11 mai et le travail de formation pourra se poursuivre, avec sans doute des aménagements liés à la mise en place de mesures de précautions sanitaires.

 

À la Paroisse Saint-Sulpice

Comme beaucoup à travers le monde, la paroisse Saint-Sulpice a appliqué les restrictions imposées. Elles sont sévères et ne devraient être levées qu’au 29 mai, juste avant la Pentecôte. Il n’est pas possible de célébrer la messe dominicale depuis le mois de mars, de célébrer baptêmes et mariages, d’organiser des funérailles (sans eucharistie) avec plus de 10 personnes, etc. Les confrères tiennent la résidence au presbytère où chacun s’applique scrupuleusement au respect des « gestes barrière » pour éviter que le virus n’entre dans la communauté. Là comme ailleurs, la « mixité » des groupes complique un peu les choses : des confrères jeunes et en bonne santé vivent avec des confrères âgés à la santé fragile. Jusque-là, tout va pour le mieux, mais la nouvelle période qui s’annonce est redoutée par beaucoup car le risque de « ramener » le virus augmente sensiblement avec la reprise des déplacements et des activités. Le P. Lacroix a fait un travail de réflexion très important pour mettre en place les mesures nécessaires à la reprise de la vie paroissiale à la Pentecôte. Les défis sont considérables. Là encore, je veux rendre hommage à l’engagement, au sérieux, à la foi de tous les confrères engagés à la Paroisse, et de leurs collaborateurs les plus proches.

 

Solitude et candidats sulpiciens

Le report de la Solitude qui fait partie intégrante du parcours des candidats sulpiciens est pour nous une autre conséquence de la crise sanitaire. Devant les incertitudes liées à la possibilité d’obtenir les visas canadiens nécessaires, et même de voyager au mois d’août prochain, la Solitude franco-canadienne initialement prévue d’août à décembre 2020 a été reportée d’un an par les deux Conseils provinciaux concernés. Elle se déroulera donc d’août à décembre 2021.

En juillet et en août, aucun confrère étranger résidant hors d’Europe ne pourra obtenir de visa ni voyager vers la France. Les consulats n’en délivrent plus jusqu’à nouvel ordre, et les voyages restent très incertains. Qu’en sera-t-il en septembre et au-delà ? Nul ne le sait encore. Les services parisiens chargés des prêtres étrangers nous disent que les services consulaires du Ministère des Affaires Etrangères recommandent de remettre à l’année prochaine tout projet d’études pour de nouveaux étudiants. Cela concerne nos candidats nouveaux attendus normalement à la rentrée prochaine… Pour l’instant, nous faisons comme s’ils pouvaient arriver à Paris, mais il faut aussi être prêts à ce que cela ne soit toujours pas possible.

De la même façon, certains confrères devraient voyager de la France vers leur pays de mission. A ce jour, nous ne savons pas si cela sera possible.

Quelle période étrange, bouleversante, inquiétante… Un vrai carême prolongé ; un vrai temps du Cénacle, dans la foi de la résurrection, attendant le don de l’Esprit Saint. Le monde s’est comme arrêté d’un coup. Au-delà des remises en route progressives qui s’annoncent, il va changer sans doute profondément, dans des proportions et des directions que nous ne mesurons pas. Je prie pour que les chrétiens se montrent à la hauteur des enjeux, artisans d’une nouvelle Pentecôte dans la force de l’Esprit-Saint.

 

P. Jean-Marc Micas, Provincial de France

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